Le ton est donné. Pour l’ouverture de l’unique manche africaine du calendrier, le Safari n’a pas fait de cadeau aux équipages. Entre boue piégeuse et pistes défoncées, le clan Toyota GAZOO Racing a déjà marqué son territoire. Au milieu des cadors, c’est le jeune Oliver Solberg qui a créé la sensation en s’emparant des commandes dès les premiers kilomètres de combat.

Le décor est planté, et il est loin d’être idyllique pour les mécaniques. Après des reconnaissances marquées par des pluies diluviennes, les équipages savaient que ce Safari 2026 (édition 2024 ?) ne ressemblerait à aucun autre. Les ornières creusées par les eaux ont transformé le terrain en un véritable champ de mines.
Si le Shakedown de Naivasha s’est déroulé sous un soleil trompeur, l’entrée dans le vif du sujet ce jeudi après-midi a agi comme une douche froide. Dans l’enfer du Camp Moran (24,35 km), la spéciale la plus exigeante de ce début de rallye, Oliver Solberg a littéralement survolé les débats. Profitant d’une lecture parfaite des pièges et d’une GR Yaris Rally1 impériale dans la boue, le fils du « Hollywood » a collé 30 secondes à son équipier Elfyn Evans en un seul chrono.
Un quintuplé provisoire pour la firme nippone
Derrière le cavalier seul de Solberg, la réponse des « patrons » ne s’est pas fait attendre. Dans la deuxième spéciale (Mzabibu), plus courte et sèche, c’est l’inoxydable Sébastien Ogier qui a rappelé à tout le monde pourquoi il était le maître des lieux en signant le scratch devant Sami Pajari.
Au classement général ce jeudi soir, le constat est sans appel : Toyota occupe les cinq premières places. Solberg mène la danse avec 33,3 secondes d’avance sur Evans. Ogier et Katsuta suivent à une minute, tandis que Pajari complète ce tir groupé impressionnant. En WRC2, Gus Greensmith effectue des débuts prudents mais solides au 10e rang pour sa première sortie avec la Yaris Rally2.
L’avis de la rédac’ Pitlane-infos
On attendait une gestion de course prudente, on a eu une démonstration de force. Voir Oliver Solberg prendre un tel avantage dès la première spéciale montre deux choses : le gamin a franchi un cap dans la lecture des terrains extrêmes, et la Toyota semble intouchable quand les conditions deviennent « sales ».
Attention toutefois à l’excès d’optimisme. Demain, les équipages retournent dans l’enfer de Camp Moran pour la plus grosse journée du rallye (125 km de spéciales). Au Safari, mener de 30 secondes le jeudi soir n’est qu’un détail ; survivre jusqu’au dimanche est le vrai défi. Mais pour l’instant, le Gazoo Racing réalise le casse du siècle
Le programme de vendredi : Huit spéciales au menu, dont un double passage autour du Lac Naivasha. La gestion des pneus et de la mécanique sera la clé.
Photos: Toyota Gazoo Racing

Rédacteur et fondateur de Pitlane-Infos, site indépendant consacré au sport automobile. Les actualités publiées proviennent directement des équipes et constructeurs.


