Le Kenya a une nouvelle fois justifié sa réputation d’enfer vert. Dans une étape marquée par une hécatombe sans précédent chez les leaders, Takamoto Katsuta a su déjouer les pièges de la boue et des pierres pour hisser sa Toyota en tête. Derrière lui, le classement est totalement chamboulé après les déboires en série d’Ogier, Solberg et Neuville.

Le samedi autour du lac Elmenteita restera gravé comme l’un des plus destructeurs de l’ère moderne. Dès la matinée, le duel pour la gagne entre Oliver Solberg et Sébastien Ogier a tourné au cauchemar. Si le Français a d’abord perdu du temps avec une crevaison, c’est finalement un mal plus profond qui a terrassé les deux hommes : une boue épaisse s’est infiltrée dans les mécaniques, achevant les alternateurs et les batteries des deux Toyota de pointe. Avec l’abandon d’Elfyn Evans (suspension cassée), le clan TGR-WRT semblait au bord du gouffre.
C’était sans compter sur la résilience de Takamoto Katsuta. Revenu de la septième place après ses propres déboires du vendredi, le Japonais a piloté avec une prudence de sioux pour éviter « le moindre caillou ». Il profite du retrait massif de ses concurrents, dont celui de Thierry Neuville (triple crevaison), pour s’installer confortablement dans le fauteuil de leader avec plus d’une minute d’avance sur Adrien Fourmaux. Le Français, seul rescapé du naufrage chez Hyundai, pointe au deuxième rang devant l’étonnant Sami Pajari, troisième malgré une carrosserie déchiquetée par une explosion de pneu.

L’avis de la rédac’ Pitlane-infos.com
Ce Safari Rally bascule dans l’irrationnel et c’est précisément ce qu’on aime. Voir un leader comme Ogier ou un métronome comme Neuville mis à genoux par une simple flaque de boue rappelle que l’Afrique ne pardonne rien. Takamoto Katsuta tient là une occasion en or de décrocher sa première victoire mondiale, mais le Japonais est sous haute tension. La gestion de son avance dimanche sera le véritable test de sa carrière. On salue la performance d’Adrien Fourmaux, qui confirme son nouveau statut de pilote solide et opportuniste, capable de ramasser les points quand les ténors partent à la faute. Demain, la survie sera encore le seul mot d’ordre.
Au programme ce dimanche: deux spéciales sur la rive sud du lac Naivasha seront disputées à deux reprises pour former la dernière étape du rallye, dimanche, totalisant 57,4 kilomètres sans assistance. Le second passage de la spectaculaire spéciale de Hell’s Gate constituera la Power Stage, dernière étape du rallye, où jusqu’à cinq points bonus seront attribués, en plus des cinq points supplémentaires pour le classement du Super Sunday.
Photos: Toyota Gazoo Racing
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