À la veille du plus grand rendez-vous de la saison d’endurance (13-14 juin 2026), l’écurie française Akkodis ASP peaufine sa préparation. Engagée en catégorie LMGT3 avec deux Lexus RC F affûtées, la structure tarnaise compte bien jouer les premiers rôles. Fort de ses 13 participations en tant que pilote, Jérôme Policand, fondateur et directeur de l’équipe, fait le point sur les clés de cette épreuve unique.

Les Forces en Présence : La maturité de la Lexus RC F LMGT3
Pour sa troisième campagne en Championnat du Monde d’Endurance (WEC), Akkodis ASP aligne deux Lexus RC F LMGT3, dont les 24 Heures du Mans constituent le point d’orgue. Malgré ses dix années de développement, la GT japonaise reste une redoutable compétitrice.
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Fiche technique : Elle embarque un bloc V8 atmosphérique de 5,4 l développant 530 ch pour un poids réglementaire de 1 350 kg. Elle abat le 0 à 100 km/h en 3,5 secondes et culmine à 310 km/h en pointe.
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Le détail techno : Son volant minimaliste de type « papillon », conçu pour optimiser le pilotage, a directement inspiré le dessin de celui du SUV routier 100 % électrique Lexus RZ.
Les Équipages de pointe pour le double tour d’horloge sarthois :
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La n°87 (Livrée verte Minerva) : Un trio de choc emmené par l’argentin José María López (vainqueur des 24 Heures du Mans et double champion du monde WEC avec Toyota Gazoo Racing), épaulé par l’Autrichien Clemens Schmid et le Roumain Petru Umbrărescu.
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La n°78 (Livrée jaune et bleu nuit Akkodis) : Un équipage très homogène confié au jeune espoir français Hadrien David, associé au Belge Tom Van Rompuy et au Britannique Jack Hawksworth.
L’Analyse du Patron : Jérôme Policand face au défi manceau
À l’aube de la semaine mancelle, le directeur d’écurie aborde cette édition avec la lucidité et la rigueur des grands managers, sans cacher la pression qui pèse sur l’équipe.
Un début de saison rapide mais malchanceux
Sur les deux premières manches de la saison WEC 2026, la vitesse pure était là, mais les résultats n’ont pas concrétisé le niveau de performance :« Le bilan est satisfaisant en matière de performances. À Imola nous étions 2e et 3e sur la grille, puis à Spa-Francorchamps nous avons réussi la pole position et placé notre deuxième voiture à la 4e place au départ. La voiture a beau entrer dans sa 10e année, elle est toujours aussi compétitive. Évidemment, nous sommes un peu déçus de nos résultats en course, avec seulement une 6e place. Nous avons eu trop de problèmes, souvent liés à de la malchance. C’est le sport automobile, c’est dur mais il faut savoir l’accepter. Cependant nous sommes confiants sur la fiabilité et la rapidité du Lexus RC F LMGT3. »
Aborder Le Mans sans « tirer sur la comète »
Pour cette 4e participation de la structure en tant qu’équipe, Policand refuse de céder aux objectifs extrêmes malgré les mois de travail investis :« C’est une course pour laquelle nous nous préparons pendant presque un an, c’est l’objectif principal de la saison. Donc il y a une grosse pression… et je ne vais pas en rajouter en fixant des objectifs extrêmes et en tirant des plans sur la comète. Il faut aussi aborder Le Mans comme les autres courses : même si la préparation est un peu spéciale, il ne faut pas tout changer. Un des éléments clés est l’exécution, c’est-à-dire les arrêts au stand, la stratégie… ce qu’on fait à chaque course, et qu’on sait faire. »
Le Mans version 2026 : Un sprint de 24 heures
La physionomie de l’épreuve a radicalement changé avec les années, devenant une course par élimination où le rythme est effréné dès les premières secondes :« La course ne se déroule plus comme autrefois où il fallait d’abord passer la nuit et ensuite augmenter la cadence. Aujourd’hui, c’est un sprint de 24 heures, on n’a pas le droit de perdre du temps au début. Mais en tant que pilote, c’est un circuit où dès que vous forcez, vous vous mettez en danger. Donc il faut savoir aller vite sans forcer ce qui n’est pas simple. Si on arrive à respecter tout cela, on a une chance d’être sur le podium. »
Maîtriser le facteur humain et la fatigue
L’un des plus grands pièges de la Sarthe reste l’épuisement nerveux bien avant que le drapeau vert ne soit agité :« Il ne faut surtout pas céder à l’excitation qui précède cette course mythique. C’est vrai pour toute l’équipe, et en particulier pour les pilotes car c’est l’épreuve où ils sont le plus en vue et pendant 10 jours ils sont tous hyper sollicités. Il faut savoir gérer l’avant course, sinon vous arrivez au départ déjà fatigué. D’autant que la vraie spécificité du Mans est qu’on doit rester éveillé pendant 36 heures : avant le départ, à 16h00, on a déjà quasiment effectué une journée de travail. »
Des livrées hommages pour les partenaires historiques
Esthétiquement, les deux Lexus ne passeront pas inaperçues grâce à des robes spécialement dessinées pour la classique mancelle, mettant à l’honneur leurs sponsors :« L’équipe a la chance d’être soutenue depuis plus de 10 ans par deux fidèles partenaires, et donc on a décidé de faire une voiture aux couleurs de chacun d’entre eux : la 78 porte le jaune et le bleu nuit d’Akkodis, la 87 le vert emblématique de Minerva. »
Akkodis ASP : Dans le club des grands
Ce programme mondial représente l’aboutissement d’un travail de fond et une immense fierté pour la structure française, qui s’impose aux côtés des géants d’usine :« Le partenariat avec le groupe Toyota autour du Lexus RC F a permis à l’équipe de franchir une étape majeure puisque non seulement nous nous sommes engagés aux 24 Heures du Mans, mais aussi dans le WEC. Il faut rappeler qu’aujourd’hui il n’y a que 3 équipes françaises en WEC, deux teams constructeurs officiels et Akkodis ASP. Donc pour nous ce partenariat est non seulement un privilège, mais il nous permet aussi de faire partie du club des grands. Je remercie Toyota Racing pour tout le travail qu’ils ont fait à Cologne et au Japon […]. On a senti toute la puissance et la compétence de Toyota et Lexus pour nous accompagner. »
Photos: Marius Hecker/DDPI
Rédacteur et fondateur de Pitlane-Infos, site indépendant consacré au sport automobile. Les actualités publiées proviennent directement des équipes et constructeurs.



